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« Beyond the Track » : « Les gens se moquaient de moi »

Ian James a un rôle unique dans le Championnat du Monde d'Endurance FIA : un double rôle, en fait, puisqu'il est à la fois pilote « Bronze » sur l'Aston Martin Vantage AMR LMGT3 n°27 de l'équipe Heart of Racing et directeur de l'équipe Aston Martin THOR en Hypercar, la catégorie reine du championnat. Un équilibre qu'il gère avec aisance et une pression qu'il supporte avec aplomb.

« Beyond the Track » : « Les gens se moquaient de moi »
@crédit : DPPI
11/02/2026

Aston Martin a remporté de nombreux succès lors des légendaires 24 Heures du Mans, mais le pilote britannique ne s’est, lui, imposé qu'une seule fois dans la Sarthe, en 1959, avec la DBR1.

« C'était il y a longtemps, n'est-ce pas ? », souligne James dans le dernier épisode de la série documentaire du FIA WEC YouTube « Beyond the Track ». Sa voix trahit tout l’enjeu du prestige à défendre avec le projet Valkyrie et l’ambition d'Aston Martin de mettre de renouer 67 ans plus tard avec sa gloire passée.

« Le Mans est un endroit super spécial pour nous tous », ajoute Adam Carter, le chef du département Endurance Motorsport de la boîte. « La course, c'est dans l'ADN d'Aston Martin. Depuis le tout début, c'était la compétition, et c'est vraiment important pour Aston Martin de rester dans la compétition. » 

Novice sur la grille l’an dernier, la Valkyrie a forcément mis quelques courses à trouver ses marques, mais la 93e édition des 24 Heures du Mans l'été dernier a montré des signes de progrès, puisque le superbe prototype British Racing Green s'est qualifié pour la première fois pour la session qualificaztive ultime de l’Hyperpole.

James n'hésite pas à féliciter l'équipe expérimentée qui bosse sans relâche en coulisses, une équipe qui s'est considérablement étoffée depuis que Heart of Racing Team s'est associé à Aston Martin il y a six ans pour piloter une seule Vantage dans la catégorie GTD de l'IMSA, et qui comprend désormais des spécialistes ayant fait leurs preuves dans des disciplines allant jusqu'à la F1. 

« Le niveau du personnel est super impressionnant », dit-il, et Carter est d'accord : « L'esprit au sein de l'équipe est vraiment excellent, mais on a plus de trucs à apprendre que nos concurrents. On va tirer parti de cette expérience et devenir plus compétitifs », ajoute-t-il. « Au final, on court pour gagner. » 

Pour James, le résultat final au Mans 2025 (les deux Valkyries ont fini 12e et 14e suit à la disqualification de la Ferrari n°50, tandis que la Vantage qu'il partageait avec Mattia Drudi et Zacharie Robichon, partie en pole échouait au pied du podium) l'a rendu « extrêmement fier », le qualifiant de « super week-end » pour l’ensemble l'équipe.

Concilier ses fonctions de pilote avec la responsabilité de superviser les opérations des équipes Hypercar et LMGT3 rend « les week-ends complexes et chargés ces jours-ci », reconnaît le pilote d'origine britannique, qui a remporté la victoire sur le terrain du Heart of Racing Team à COTA en 2024 avant de regoûter au podium en novembre dernier lors de la finale de la saison à Bahreïn.

« Quand j'ai regardé Le Mans pour la première fois à la télé, c'était un rêve pour moi de piloter là-bas, et les gens se moquaient de moi », avoue-t-il. « Je voulais juste courir quand j'étais plus jeune, je pensais qu'une année de plus serait géniale, et c'était quand j'avais une vingtaine d'années. Aujourd'hui, j'ai 51 ans et je cours toujours. Pouvoir y aller me procure beaucoup de joie, c'est un tel privilège que je me pince pour y croire. Conduire est en fait mon moment de détente : quand je monte dans la voiture, je peux me concentrer uniquement sur la piste. Je ne dors pas vraiment pendant une course de 24 heures, parce que mon esprit est super actif. Avec mon double rôle, je m'inquiète pour d'autres trucs quand je sors de la voiture. L'adrénaline est à son comble à ce moment-là, donc le sommeil n'est pas vraiment au programme ! » 

Le sommeil est peut-être un luxe qu'il ne peut pas se permettre au Mans, car chaque décision pèse sur lui dans la quête du succès d'Aston Martin, mais avec trois voitures sous le drapeau à damier, c'est aussi une stratégie qui porte clairement ses fruits. 

« J'ai atteint tous mes objectifs », dit James, « mais j'espère pouvoir continuer encore un peu. Chaque jour que je passe sur la piste, c'est un vrai bonheur pour moi. » 

On peut dire que plus personne ne se moque de lui maintenant...

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