Le sport selon Fernando Rees : le Brésilien d'Aston Martin Racing nous livre de profondes réflexions sur ce sport automobile qu'il adore, mais aussi sur d'autres disciplines.
Vous souvenez-vous du premier sport que vous avez pratiqué ?
"Quand on naît au Brésil, il n'y a pas beaucoup de choix, le premier sport, c'est le football ! Je me souviens de l'avoir beaucoup pratiqué, et je crois que j’étais plutôt bon, car je ne suis pas très grand et je cours vite. J'ai dû porter très jeune des lunettes et c'est donc devenu difficile de poursuivre à haut niveau. Le sport automobile est arrivé dans ma vie à l'âge de huit ans, et c'est devenu ma passion numéro un."
Vous souvenez-vous de la première fois où vous vous êtes rendu sur un circuit, et de quelle course s'agissait-il ?
"Interlagos était un endroit important car il y avait une piste de karting juste à côté du circuit. J'ai commencé à y voir des courses quand j'avais six ou sept ans. Et à huit ans, j'ai remarqué que des garçons de mon âge couraient, alors j'ai commencé à demander à mes parents : 'est-ce que je peux en faire autant ?' Nous nous sommes mis d'accord et j'ai commencé à me consacrer aux sports mécaniques. J'étais le premier dans ma famille à me lancer là-dedans, alors il a fallu s'organiser pour monter un programme et savoir comment j'allais débuter. Mais Interlagos est le premier circuit dont je me souvienne. A neuf ou dix ans, je courais contre Lucas [di Grassi], et maintenant, nous partageons les mêmes circuits 22 ans plus tard !"

Photo: Adrenal Media... Même lors d’un footing sur le circuit, il est impossible de ne pas répondre aux questions de notre reporter TV WEC, Louise Beckett !!!
Si vous étiez devenu professionnel dans une autre discipline sportive, laquelle auriez-vous choisi ?
"J'aurais bien aimé faire de la course à pied, peut-être même devenir marathonien. J'aime tout ce qui concerne ce sport mais je n'ai probablement pas le talent ou les gènes pour être aussi compétitif que je le souhaiterais. Cela dit, je m'entraine beaucoup et je dois quand même être au-dessus de la moyenne. Quand je ne suis pas au volant d'une voiture de course, la course à pied est le seul sport qui me rapproche des sensations que j'éprouve dans ma carrière en sport automobile. Etre tout seul et dans l'effort, c'est un sentiment très spécial. Etre concentré sur une seule chose et avoir le bon rythme m'intéresse beaucoup, et dans cette optique, je pense que la course à pied se rapproche de la course automobile."
Quels grands sportifs admirez-vous en dehors du sport automobile ?
"J'admire vraiment le coureur cycliste tchèque Peter Sagan, qui a gagné plusieurs étapes du Tour de France. Il assure bien sa promotion et il semble être une personne sympathique proche de ses fans. Il est très compétitif et professionnel, et sait aller chercher le surcroît de performance lorsque c'est nécessaire. C'est ce que j'aime dans la course à pied et le sport cycliste. On peut se rendre compte du moment où un compétiteur est à 100 % et où il va chercher la performance. C'est ce genre de sportif qui m'intéresse."

En dehors d'un circuit automobile, quelle enceinte ou site sportif aimeriez-vous visiter ?
"J'aime beaucoup le cyclisme et c'est quelque chose que je suis de près. Je ne fais pas beaucoup de vélo moi-même mais j'adorerais partir à la découverte des étapes du Tour de France, ça doit être formidable à voir. J'envisage d'ailleurs de me rendre au Mont Ventoux, dans le Sud de la France. Ca a toujours été un endroit magnifique, où l'on peut savoir qui est le meilleur et le plus courageux. Le Ventoux, c'est l'effort maximal et le grand défi des cyclistes. C'est ce que j'aime voir dans le sport."
Quel trophée du sport automobile aimeriez-vous soulever ?
"Celui du Mans, bien sûr. Je sais, ça a l'air évident dit comme ça, mais une victoire de catégorie serait quelque chose d'exceptionnel et c'est ma priorité numéro un. L'an dernier, nous avons mené pendant 13 ou 14 heures, et lorsqu'on perd tout en une fraction de seconde, on se rend compte à quel point cette course est dure. J'ai énormément d'admiration pour les pilotes qui ont gagné au Mans, et pour ma part c'est l'objectif vers lequel je concentre tous mes efforts."
Sur quel(s) circuit(s) ne figurant pas au calendrier WEC auriez-vous le plus envie de piloter une Aston Martin V8 Vantage ?
"Si nous pouvions retourner à Interlagos, je serais très heureux ! Je pense que c'est un circuit incroyable, où l'ambiance est formidable. J'aimerais bien Montréal, aussi, ce genre de circuit mi-urbain mi-routier, je pense que ce serait super de courir là-bas. Et Paul (Dalla Lana, ndlr) en serait ravi lui aussi !"

Si vous deviez partager le volant d'une Aston Martin avec deux légendes de l'histoire du sport automobile, de qui s'agirait-il ?
"Question difficile ! Je dirais Ayrton (Senna, ndlr) et Nelson (Piquet, ndlr), ça serait vraiment intéressant. Je ne suis pas sûr qu'ils apprécieraient car ils avaient des personnalités très différentes, mais pour moi, ça ne manquerait pas d'intérêt !"
Etes-vous déjà allé en tant que spectateur sur des courses d'endurance, et si oui, quel souvenir en gardez-vous ?
"Je suis allé plusieurs fois sur les Mil Milhas, la course de mille miles (1600 kilomètres, ndlr) qui se déroule à Interlagos. Je pense notamment à l’année où les Le Mans Series ont roulé là-bas pour la première fois. Je faisais encore de la monoplace, mais j'ai trouvé passionnant de voir une course d’Endurance pour la première fois."
Propos recueillis par Sam Smith