L'enthousiasme pour le sport automobile et pour l'endurance en particulier, est en constante augmentation au Venezuela. Et cela est clairement lié aux efforts et aux succès rencontrés par le pilote et propriétaire de l'écurie 8Star Motorsports Enzo Potolicchio. La prochaine manche du Championnat du Monde d'Endurance les 6 Heures de São Paulo, est incontestablement la course la plus proche de son pays d'origine, et nous avons saisi l'occasion de parler avec lui de l'épreuve brésilienne.
Il s'appelle Vincente, mais tout le monde le connaît sous le nom d'Enzo. Né à Caracas, le businessman a entamé sa carrière de GT en signant 11 victoires en Porsche Super Cup en 1998 et en s'octroyant cette même année, le titre de Pilote Automobile de l'Année au Venezuela. Il a participé à deux courses du Ferrari Challenge North America en 2009 avec une victoire et une troisième place. En 2010 et 2011, Enzo Potolicchio remporte deux titres en Ferrari Challenge, il fait également ses débuts en Grand Am et remporte sa première victoire dans la série, suivie d'une deuxième place aux 24 Heures de Daytona en 2012.
2012 allait en effet devenir "son" année ! Engagé dans l'écurie Starworks Motorsport en FIA WEC en LMP2, il gagne de façon impressionnante à Sebring, remporte les 24 Heures du Mans, ainsi que les 6 Heures de São Paulo, et obtient le Trophée Endurance FIA de la meilleure équipe en LMP2.
Inscrit cette année dans la catégorie LMGTE Am, au volant de la Ferrari 458 Italia orange n°81, Enzo Potolicchio retrouvera ses coéquipiers le Portugais Rui Aguas et l'Italien Matteo Malucelli. Il est ultra motivé et heureux de participer à la prochaine manche FIA WEC au Brésil.
"J'ai vraiment hâte d'y être ! Nous avons remporté la course l'année dernière en LMP2 et j'adore ce circuit. En fait, disons que j'ai fait ce qu'il fallait sur cette course. C'est un circuit sur lequel les Ferrari ont toujours bien fonctionné. Par contre, je crains que nous ayons un petit désavantage vis-à-vis des Aston Martin et des Porsche à cause de l'équilibre des performances (BoP). Nous espérons que la configuration de la piste pourra favoriser un peu le comportement de la voiture et que nous pourrons récupérer quelques points après nos pauvres résultats du Mans. Nous avons le sentiment que nous pouvons remporter le titre, et nous allons faire ce qu'il faut pour y parvenir, course après course.".
Le FIA WEC se rend pour la deuxième fois à São Paulo, et cette année, le nombre de pilotes sud-américains est en progression. Bruno Senna et Fernando Rees représentent le Brésil, Ricardo Gonzalez le Mexique et Enzo Potolicchio le Venezuela. Pensez-vous que les courses d'endurance gagnent en popularité en Amérique du Sud ?
"Assurément, je crois même que j'y suis un peu pour quelque chose. Au Venezuela nous avons créé notre propre programme de télévision, et nous présentons l'ensemble des activités de notre team. Cela va de la mise en place des courses, à la présentation des pilotes, l'explication des arrêts aux stands… c'est plus intéressant que juste des images de voitures en piste. Quand nous diffusons ces programmes, il y a vraiment du répondant et des gens qui suivent. En plus, au Venezuela, les médias nous soutiennent vraiment.
Avec Pastor Maldonado en Formule 1, Ernesto Viso en Indycar et moi-même l'année dernière, vainqueur en LMP2… il y a désormais beaucoup de Vénézuéliens qui assurent en sport automobile. Au départ, le pays est plus connu pour ses performances en Baseball, car nous avons de très bons joueurs dans des ligues importantes aux États-Unis, mais les sports mécaniques prennent définitivement de l'ampleur dans le pays."
Est-ce que rouler à Interlagos est vraiment différent des autres circuits ?
"Les fans sont de vrais fans de sport auto, le championnat est vraiment intéressant et je me sens un peu à la maison sur ce circuit. Nous sommes dans un pays d'Amérique du Sud et j'ai des sponsors et des pilotes qui pourraient nous rejoindre au sein de 8Star Motorsport l'année prochaine. Cette course est donc réellement importante pour notre team. Notre association avec AF Corse qui exploite la Ferrari fonctionne très bien et je pense que cela peut nous apporter beaucoup dans notre quête de victoires et de succès."

On compte trois "Ricardo Gonzalez" dans la base de données des pilotes, mais seul un d'entre eux a remporté la catégorie LMP2 lors des 24 Heures du Mans cette année. C'est lui aussi qui est actuellement en lice pour le Trophée 'Pilote' FIA Endurance LMP2. Dans les paddocks du FIA WEC, nous avons pu parler de la compétition en Amérique avec Ricardo.
À 34 ans Ricardo Gonzalez vit à Monterrey au Mexique. Il a été initié à la compétition par son père et a débuté sa carrière, comme beaucoup d'autres pilotes, par la monoplace en même temps que son frère - qui s'appelle également Ricardo. En 2010, après une pause de 7 ans, il est revenu au sport auto dans le cadre des American Le Mans Series. Après quatre courses en GTC, Ricardo et son coéquipier Luis Diaz sont passés en LMPC, classe dans laquelle Ricardo a remporté le titre pilote en 2011 alors associé à Gunnar Jeannette. Ce dernier fera ses débuts en FIA WEC à São Paulo le 1er septembre.
En 2012, Ricardo Gonzalez s'inscrit dans le Championnat du Monde d'Endurance FIA WEC au sein du Greaves Motorsport avec Elton Julian et Christian Zugel au volant d'une Zytek-Nissan LMP2. Cette année, il partage le volant de la Morgan-Nissan n°35 du Team Oak Racing avec Bertrand Baguette et Martin Plowman et a une belle part de responsabilité dans la victoire du team aux dernières 24 Heures du Mans. C'est avec beaucoup d'émotion et habité par la légende que représente le pilote mexicain Pedro Rodriguez, que Ricardo Gonzalez est monté sur la plus haute marche du podium LMP2. Il est le premier Mexicain à s'illustrer de la sorte depuis la victoire de Rodriguez au volant de la Ford GT40 en 1968.
Étant donné qu'il n'existe pas d'épreuve FIA WEC en Amérique Centrale, les deux courses de São Paulo et Austin représentent les courses à domicile de Ricardo, et il est heureux de se rendre au Brésil dans peu de temps. "Je suis très enthousiaste et motivé pour la prochaine course. Nous sommes en tête du championnat en LMP2 après notre victoire au Mans, et tout le team est surexcité et dynamisé. Il nous faut bien ménager cette énergie et l'utiliser à bon escient au Brésil. Tout le monde a bien vu à quel point la catégorie LMP2 est compétitive, si nous voulons rester en haut des tableaux, il nous faut bien faire notre job, rester concentrés et focaliser notre attention sur le futur proche."
Comme Enzo Potolicchio, Ricardo Gonzalez est conscient de l'augmentation de l'intérêt pour les courses d'endurance en Amérique du Sud, il souhaiterait toutefois une plus grande médiatisation de la discipline au Mexique. "Il serait vraiment bien que la couverture médiatique des courses d'endurance soit plus importante au Mexique. Il y a beaucoup de gens qui s'y sont intéressés avec les succès de Pedro Rodriguez, mais ça commence à dater et j'ai peur qu'on perde de l'intérêt. C'est peut-être justement parce que les médias n'offrent pas assez de suivi, et que les résultats des Mexicains ne sont pas à la hauteur. J'espère que mes performances vont redonner du souffle, car quand je suis rentré après les 24 Heures du Mans, j'ai été accueilli de façon fabuleuse par les médias et c'est assurément de bon augure pour les fans mexicains."
Même s'il n'y a pas de course d'endurance internationale au Mexique, on peut toujours se rendre sur l'Autodromo José Carlos Pace pour en voire une. Ricardo adore ce circuit, mais peut-être pas pour des raisons évidentes : "Il y a beaucoup de dénivelés et c'est un circuit difficile pour les pilotes. Quand on y va et que l'on regarde les pilotes locaux sur leur circuit, on voit très vite qui est novice et qui ne l'est pas. C'est un beau tracé, il est très exigeant et c'est la raison pour laquelle j'adore y rouler."