Alors qu’il semblait parti pour triompher dès sa première apparition au Championnat du Monde d’Endurance de la FIA dès la course d’ouverture de la saison 2026 à Imola, Garage 59 a transformé l’essai lors de sa deuxième sortie à Spa-Francorchamps, le week-end dernier (7-9 mai). Un succès que Tom Fleming attribue à la « force de caractère » de l’écurie britannique.
Après avoir repris les rênes des deux McLaren 720S Evo de United Autosports, qui passe en catégorie Hypercar, Garage 59 a rejoint le peloton ultra compétitif de la catégorie LMGT3 en Italie. À une demi-heure du drapeau à damiers, une panne d’alternateur a contraint l’équipage de la n°10, alors en tête, à l’abandon. Trois semaines plus tard, cette déception de fin de course en Émilie Romagne ne s’est pas se reproduite, même si, vendredi après-midi dans les Ardennes, la victoire semblait pourtant hors de portée...
Aucune des deux voitures de Garage 59 n’a réussi à passer la phase initiale des qualifications, Antares Au ne faisant pas mieux qu’une 15e place sur la grille de 18 équipages, au volant de la voiture qui avait pourtant signé la pole position à Imola, quatre places derrière son équipier Alexander West au volant de la McLaren n°58.
Redressant rapidement l situation, malgré des problèmes de direction assistée, Au s’est hissé dans le top 10 en course avant de céder le relais à Fleming, qui démontra pourquoi il avait remporté le Goodyear Wingfoot Award lors de la première course de la saison, en remontant le peloton avec brio.
Après avoir dépassé Peter Dempsey de Racing Team Turkey by TF et Hadrien David, la star de l’Hyperpole de Spa, au volant de la Lexus n°78 Akkodis ASP, le jeune pilote britannique a comblé un retard de 23 secondes sur Simon Mann, leader de la catégorie LMGT3, au volant de la Ferrari n°21 de VISTA AF Corse. Il avait réduit l’écart à sa plus simple expression lorsque les deux voitures se sont arrêtées ensemble aux stands à l’approche de la quatrième heure.

Marvin Kirchhöfer a ensuite pris le volant et s’est mis à mettre la pression sur Alessio Rovera reparti devant lui, jusqu’à ce que la nouvelle tombe : la Ferrari avait écopé d’une pénalité pour sortie de stand dangereuse. À partir de ce moment-là, l’Allemand savait qu’il lui suffisait de rester à moins de cinq secondes de son rival italien pour assurer la victoire à Garage 59. Et c’est précisément ce qu’il a fait.
« Mes équipiers ont fait un travail exceptionnel, surtout pour nous éviter les pénalités, ce qui a été un facteur décisif pour nous hisser en tête », a déclaré Kirchhöfer. « Au bout de 15 ou 20 minutes de mon relais, l’équipe m’a dit que la Ferrari avait reçu une pénalité, notre équipe a été super efficace lors des arrêts au stand, et en gros, on les a poussés à commettre une erreur.
« On a eu une très bonne voiture tout au long du week-end, et je suis super content qu’on ait pu rebondir aussi vite après Imola. Là-bas, ça ressemblait un peu à un rêve : en tant qu’équipe et pilotes débutants, on menait la course pendant la majeure partie du temps, alors ne pas aller jusqu’au bout a été très dur. Probablement l’une des expériences les plus douloureuses que j’ai vécues. Cette victoire, ça fait un bien fou, et l’équipe la mérite vraiment. »
Il faut noter que la McLaren n°10 est devenue la quatrième voiture de l’histoire à remporter une victoire en FIA WEC sans avoir mené un seul tour, et la première depuis 2019. C’était aussi seulement la quatrième voiture à s’imposer après s’être élancée de la 15e place ou au-delà, soulignant le rôle crucial de Au en début de course.
« C’est moi qui ai mis l’équipe dans le pétrin lors des qualifications, alors je me suis dit que je ferais mieux de trouver un moyen de nous en sortir ! », a plaisanté le premier pilote de Hong Kong à monter sur la plus haute marche du podium dans ce championnat. « On a eu de la chance d’avoir un bon rythme par rapport aux autres et on a réussi à éviter les incidents. Nous n’étions peut-être pas les plus rapides, mais on a réussi à enchaîner les tours. Je ne pourrais pas être plus reconnaissant envers les gens avec qui je travaille. C’est un sport d’équipe : on gagne ensemble et on perd ensemble. J’ai couru à Spa de nombreuses fois et je suis déjà monté sur le podium ici, mais celui-ci est probablement le plus spécial. »

« C’était une revanche », a renchéri Fleming, 23 ans. « À Imola, pour leurs débuts et avec beaucoup de pression avant le week-end, toute l’équipe a tout fait comme il fallait, et à 35 minutes de la fin, tout est tombé à l’eau. Ce parcours n’a pas été sans défis, mais le fait qu’on ait su rebondir après cette déception et aussi après les moments difficiles qu’on a connus à Spa témoigne de la force de caractère de cette équipe. Les pilotes, les mécaniciens et tout le personnel ici ont été exceptionnels, et je ne pourrais pas être plus heureux. »
McLaren est la première marque à s’imposer en LMGT3 avec deux équipes différentes, et alors que la voiture sœur de Garage 59 a complété le top 5 final en Belgique, la n°58 pilotée par West, Finn Gehrsitz et Benji Goethe (ce dernier ayant réalisé un dernier relais sensationnel pour gagner pas moins de huit places), le directeur de l’équipe, Andrew Kirkaldy, n’a pas hésité à souligner l’effort collectif, en piste comme dans les stands.
« Après la grosse déception d’Imola, tout le monde a travaillé d’arrache-pied pour qu’on puisse rebondir rapidement », a reconnu l’Écossais. « Les arrêts au stand ont été parfaits, les pilotes ont réalisé un travail fantastique et chaque membre de l’équipe était à fond. On a eu quelques soucis avec la voiture avant la course, donc cette victoire est une belle récompense pour l’ensemble du travail réalisé par le team.»
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