2015 aura été une excellente année pour les pilotes et équipes venues de Russie dans le Championnat du Monde d'Endurance FIA (WEC). Outre les titres LMGTE Am de SMP Racing, G-Drive Racing a enfin conquis les trophées LMP2 des équipes et des pilotes, à l'issue de sa troisième tentative.
G-Drive Racing a fait son entrée en WEC en 2013, avec l'engagement d'une Oreca 03-Nissan. Cette année-là, la formation russe remporte quatre victoires, signe trois pole positions et termine troisième. En 2014, G-Drive Racing aligne tout d'abord une Morgan-Nissan avant de passer à la Ligier JS P2 à mi-saison. Quatre nouvelles victoires et sept pole positions s'ajoutent à son palmarès, mais le titre lui échappe encore une fois à la suite d'un accident lors de la manche finale au Brésil. En 2015, Julien Canal, Roman Rusinov et Sam Bird sont vainqueurs à quatre reprises (avec autant de pole positions), mais il était hors de question de voir le titre se refuser à nouveau au Français, au Russe et au Britannique. A l'issue de la finale 2015 à Bahreïn, la victoire de la catégorie LMP2 est synonyme de double couronne au classement des équipes et des pilotes.
Aujourd'hui, Roman Rusinov est, avec l'Italien Gianmaria Bruni, le pilote le plus victorieux du WEC, avec douze succès. En 2013, 2014 et 2015, le Russe a signé cette impressionnante série au volant de trois voitures différentes.
Julien Canal a fait partie de deux équipes titrées dans deux catégories différentes. En 2012, il est pilote chez Larbre Compétition, couronné en LMGTE Am (à cette époque, le trophée des pilotes n'existait pas encore dans cette catégorie). Cette année, il remporte le Trophée Endurance FIA des Pilotes LMP2.

Pour G-Drive Racing, la saison 2015 commence de la meilleure manière à Silverstone avec un doublé : Bird/Canal/Rusinov (n°26) s'imposent devant la seconde voiture de l'équipe (n°28) de Pipo Derani/Ricardo Gonzalez/Julien Canal, partie de la pole position.
En Belgique, c'est au tour de la Ligier JS P2 n°26 de signer la pole. Elle mène la majeure partie des 6 heures de course, avant qu'un problème moteur ne renvoie Sam Bird au stand. La voiture parvient à repartir et à franchir le drapeau à damier, mais ne sera pas classée.
Aux 24 Heures du Mans, la n°26 mène une lutte serrée face à l'Oreca n°47 de KCMG. C'est finalement l'équipe de Hong Kong qui s'impose devant les deux voitures du team russe, la n°26, deuxième, précédant la 28, troisième.
Après une autre deuxième place en Allemagne, Roman Rusinov, Julien Canal et Sam Bird remontent sur la plus haute marche du podium au Texas, après une nouvelle pole position. Le trio de G-Drive Racing mène le dernier quart de la course et l'emporte devant l'Oreca de KCMG.

Au Japon, la Ligier n°26 s'élance depuis la pole dans des conditions très humides, les premiers tours de course se déroulant derrière la voiture de sécurité. Une fois les voitures libérées, tous les concurrents sont très vigilants, mais cette météo n'a guère nui à la bagarre en piste. La n°26 et la n°47 sont au coude à coude alors que la piste sèche, avec une touchette juste avant le retour de l'Oreca KCMG au stand. Revenue en piste, elle se retrouve prise dans un autre accrochage, cette fois avec l'autre Ligier de G-Drive Racing (n°28). Cette dernière termine finalement troisième alors que l'Oreca est contrainte à l'abandon... et que la n°26 signe sa troisième victoire.
Le trio Rusinov/Bird/Canal signe sa quatrième pole position à Shanghai. Mais cette fois, la menace vient de Signatech Alpine : titrée en European Le Mans Series (ELMS) en 2013 et 2014, l'équipe française remporte sa première victoire WEC, devant la Ligier n°26.
Tout est en place pour le bouquet final à Bahreïn. Il ne reste à G-Drive Racing qu'un seul adversaire pour la couronne des équipes et des pilotes LMP2 : l'Oreca n°47 de KCMG et ses pilotes Matt Howson et Richard Bradley, rejoints par Nick Tandy, vainqueur des 24 Heures du Mans 2015. Pour Roman Rusinov, Sam Bird et Julien Canal, une quatrième place suffit pour remporter le titre... mais il semble qu'on ait oublié de le leur rappeler, car ils terminent sur la plus haute marche du podium, avec 25 secondes d'avance sur leurs rivaux de KCMG. Pour G-Drive Racing, c'est la consécration mondiale tant attendue, après trois saisons de lutte acharnée.

Sam Bird : "Quelle année, et quelle course ! KCMG était très fort, ils allaient être difficiles à battre. Mais mes deux équipiers n'ont pas ménagé leur peine, ils ont très, très bien roulé. Il ne s'agit pas que de moi, nous sommes trois dans la voiture. Et mes deux équipiers m'ont placé dans une excellente position pour terminer le travail et ramener la voiture à bon port à la première place. Ce fut une année incroyable, je me suis fait quelques grands amis, nous avons passé de grands moments, et c'est très spécial de conclure avec un titre mondial que l'équipe aurait déjà dû remporter l'année dernière."
Roman Rusinov : "Enfin ! C'est un grand moment et je suis très ému. Nous avons essayé trois saisons durant et à chaque fois, nous avons gagné quatre courses. C'est agréable de gagner ici encore une fois pour atteindre le total de douze victoires en WEC. Je suis fier de représenter la Russie et G-Drive Racing, un grand merci également à mes coéquipiers et à l'équipe. Nous savions que nous avions juste besoin de terminer la course pour être titrés mais, dès que nous avons mis le casque, nous n'y avons plus pensé et avons attaqué. Ce fut assez difficile car la KCMG allait vraiment vite. Notre voiture était incroyable et l'équipe a fait le meilleur travail possible. Alors merci à tout le monde."
Julien Canal : "Pour moi, c'est juste fabuleux. Je pense que le WEC est le meilleur championnat au monde et c'est la meilleure compétition possible pour un gentleman-driver comme moi. Mon but cette année, c'était le titre. Nous aurions pu le remporter l'année dernière, mais ce ne fut pas le cas. Cette année, nous avions Sam avec nous. Il nous a beaucoup appris, j'ai piloté une nouvelle fois au côté de Roman et nous avons remporté le titre mondial. Je suis très fier de tout le monde dans l'équipe. Je dois également un grand merci à Jacques Nicolet, car sans lui, je n'aurais pas pu remporter ce championnat. Un grand, grand merci à toute l'équipe."
