En tant que petit nouveau sur la grille, Genesis Magma Racing a abordé sa première sortie en Championnat du Monde d'Endurance de la FIA à Imola le week-end dernier (17-19 avril) sans véritable pression sur la performance, mais en visant avant tout à mener ses deux voitures sous drapeau à damiers. Finalement, l'équipe a fait bien mieux.
La préparation de la marque sud-coréenne pour ses débuts en course automobile se sont traduits par 499 jours de travail intensif de conception, d’essais et de développement. Ses deux prototypes GMR-001 ont ensuite pris la piste lors du Prologue, essais officiels d’avant-saison sur l’Autodromo Internazionale Enzo e Dino Ferrari, faisant preuve d’une fiabilité impressionnante en bouclant 319 tours à eux deux et en terminant à un peu moins de deux secondes et demie du rythme des voitures de tête.
Lors des qualifications pour les 6 Heures d’Imola, Mathieu Jaminet a réduit cet écart de plus de moitié, établissant au passage une référence prometteuse pour la toute nouvelle voiture, même si la n°19 pilotée que l’expérimenté Français partage avec Paul-Loup Chatin et Dani Juncadella a perdu un temps considérable en début de course à cause d’un problème de capteur électronique leur faisant concéder plus d’une demi-heure au stand.
De l’autre côté du garage Genesis Magma Racing, la GMR-001 n°17, pilotée par le double champion du monde André Lotterer, le multiple vainqueur de l’IMSA « Pipo » Derani et l’étoile montante Mathys Jaubert, a connu une course sans encombre.
Ce dernier, le plus jeune pilote de la catégorie Hypercar 2026 à seulement 21 ans, a profité du fait que l’équipe a réussi à éviter les problèmes et à gérer les périodes de Virtual Safety Car et de Safety Car pour se hisser dans le top 10 à un moment donné, tandis que Genesis démontrait avec brio à la fois ses qualités de compétitivité et son talent en matière d’arrêts au stand.
Le Français a passé le relais à Derani depuis la 12e place à l’issue de son double relais, mais la décision de ne pas changer de pneus, en prévision d’une pluie qui n’est finalement pas tombée, a privé le Brésilien du rythme nécessaire pour concurrencer les voitures qui l’entouraient. Plutôt que de prendre des risques inutiles, il s’est concentré sur le fait de mener la voiture n°17 à bon port en 15e position, deux places devant l’autre Genesis du team.

« Ce n’est que le “Jour zéro”, et on devrait tous être fiers de ce qu’on a accompli et de l’énorme travail qu’on a fourni », a déclaré Derani. « On a parcouru un long chemin pour en arriver là ; on est venus avec l’intention de terminer la course et on a mené les deux voitures jusqu’au drapeau à damier, en apprenant énormément en cours de route. Je tiens à dire un grand “merci” à toute l’équipe, en particulier à Cyril [Abiteboul, directeur de l’équipe] pour m’avoir fait confiance si tôt, et au groupe Genesis pour avoir osé ce saut dans l’inconnu et nous voilà en train de terminer notre première course avec une voiture très compétitive et avec de belles perspectives devant nous. »
« Je pense que c’était un moment très émouvant pour tout le monde chez Genesis Magma Racing d’arriver au bout de la course et d’atteindre l’objectif qu’on s’était fixé », a renchéri Lotterer, pour qui retrouvait Imola et le FIA WEC pour la première fois depuis son deuxième titre de champion du monde fin 2024. « Ce n’était pas une mince affaire de monter une équipe et d’être opérationnels en moins de 500 jours et on l’était vraiment. Je me suis bien amusé au volant lors des deux premiers relais et j’ai pu rester dans le peloton. Mathys était aussi dans le coup pendant ses relais, puis on a fait un choix stratégique : quand il a passé le relais à Pipo, on a pris l e de ne pas changer les pneus parce qu’on s’attendait à devoir bientôt passer aux pneus pluie, mais la pluie n’est pas venue ! Merci à Genesis de m’avoir accueilli, d’avoir constitué ce groupe et d’y avoir mis tant de cœur. On n’a pas fait mauvaise figure et on a posé de bonnes bases sur lesquelles travailler. À partir de maintenant, c’est beaucoup de travail, pas de répit, la quête permanente de la performance et l’exigence toujours plus grande. Ce n’est que le début ! »

Malgré la frustration d’avoir perdu autant de temps dans la première heure de course, Jaminet, Chatin et Juncadella ont relayé l’optimisme de leurs équipiers. L’Espagnol a salué une performance « vraiment compétitive » et Chatin, vainqueur à Fuji, s’est dit « incroyablement impressionné par l’équipe », tout en reconnaissant « sans aucun doute » que « le rythme est là », des sensations partagées par son compatriote Jaminet.
« Je me sens mal pour les gars qui ont préparé la voiture n° 19, parce qu’ils ont été irréprochables et ont fait un travail formidable », a déclaré le Français. « Le problème qu’on a eu avec le capteur ne reflète pas leur travail ni la façon dont on a roulé sans aucun souci toute la semaine, donc ça ne devrait décourager personne. On a vu notre voiture sœur prouver qu’elle pouvait se classer dans le top 10, je pense que notre rythme s’est encore amélioré en course et que tous les changements de réglages qu’on a essayés ont fonctionné. On est clairement dans le coup, on a une base très solide et beaucoup de données à analyser, et j’ai vraiment hâte d’être aux prochaines courses, parce que je suis sûr que tu vas voir Genesis de plus en plus souvent en tête. »
Ayant dirigé ce projet ambitieux depuis le début, le directeur de l’équipe, Abiteboul, n’a pas tardé à saluer « la solidité de nos bases et le potentiel de notre équipe de course », affirmant que c’était « exactement là où on voulait en être ».
La directrice de l’équipe, Anouck Abadie, s’est montrée tout aussi encouragée. « C’est un premier pas, mais un très bon », a souligné la Française. « On est extrêmement heureux. Notre objectif était de terminer la course, peu importe la position, et on l’a atteint. Je n’ai pas d’autres mots que “merci” à toute l’équipe Genesis Magma Racing et aux pilotes. Ils ont effectué un travail parfait. Ce que je retiens surtout de cette expérience, c’est la façon dont l’équipe s’est soudée pour réaliser une performance qui ne laissait pas deviner qu’il s’agissait de notre première course. Je pense qu’on a surpris beaucoup de monde dans le paddock, et maintenant on peut aller de l’avant avec la confiance d’avoir montré qu’on savait quoi faire. »
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