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Philippe Sinault : “Alpine est régulièrement éligible à la victoire”

Le Team Principal d’Alpine estime que le constructeur français se doit de viser un deuxième succès consécutif au Japon, à l’occasion de la sixième manche du FIA WEC, les 6 Heures de Fuji (25-27 septembre).

Philippe Sinault : “Alpine est régulièrement éligible à la victoire”
@crédit : DPPI
24/09/2026

343 jours. Voici le temps qu’il a fallu à Philippe Sinault pour voir Alpine Endurance Team remonter sur un podium en Championnat du Monde d’Endurance de la FIA (FIA WEC). Le A fléché n’avait plus hissé la bannière tricolore aux avant-postes depuis son succès lors de la 100e course de l’histoire du Championnat, les 6 Heures de Fuji 2025.

L’attente a enfin pris fin au début du mois, à Austin, lorsque Alpine plaçait ses deux A424 n°35 et 36 aux cinq premières places de Lone Star Le Mans, et ce pour la première fois dans l’histoire du programme Hypercar de la marque. “C’est le meilleur résultat au global de l’équipe, et l’expression concrète du potentiel de notre équipe”, glisse Philippe Sinault à fiawec.com. 

Dès les premiers tours d’essais libres au Circuit des Amériques, l’Hypercar française affichait un niveau de performance très prometteur. Charles Milesi et Victor Martins confirmaient les prédispositions de l’A424 en se qualifiant respectivement 3e et 6e en Hyperpole. Et durant la course, les Bleus n’ont jamais été décrochés du haut du classement jusqu’à l’arrivée.

Finalement, Alpine quittait le Texas avec une belle moisson de 25 unités. Seul Ferrari, victorieux avec la 499P n°50, en a récolté plus, grâce au point de la pole position acquis par Antonio Giovinazzi. “C'est gratifiant de concrétiser enfin notre niveau de performance par un podium et de marquer des points importants avec les deux voitures”, ajoutait Milesi.

“Si tu éternues, tu perds trois places”

Le pilote français de la n°35 n’était devancé par la victorieuse Ferrari 499P AF Corse n°50 que de seulement 6’’116. Ce faible écart pouvait nourrir d’importants regrets au vu du scénario de la fin de course. Milesi, gêné par le trafic, était d’abord dépossédé de sa deuxième place par Nicklas Nielsen. “Il a poussé fort à un moment, est sorti de piste et a récupéré du pick-up (débris de gommes pneumatiques)”, explique Philippe. “Il a mis deux tours à s’en débarrasser. On a perdu huit secondes dans la manœuvre.”

De retour en deuxième position, à la suite de l’abandon surprise de la Toyota TR010 HYBRID n°7 de tête pour panne hydraulique, l’Alpine n°35 se voyait infliger une pénalité de 5 secondes pour unsafe release et perdait une nouvelle place, au profit de la Cadillac Hertz Team JOTA V-Series. R n°38. 

Les Bleus jouaient aussi de malchance avec la n°36, redescendue au 12e rang après s’être arrêtée… un tour avant l’intervention de la VSC. “C’est une lourde peine”, déplorait Philippe. “Avant la dernière VSC, nos deux voitures étaient en capacité de jouer la victoire ou, en tout cas, un double podium.” Auteur d’un dernier relais époustouflant avec l’A424 sœur, marqué par cinq dépassements autoritaires, Martins en fit l’éclatante démonstration.

La rapidité avec laquelle un résultat potentiellement historique pour Alpine s’est envolée dans les derniers instants rappelle la dure réalité du sport automobile d’élite : aucune marge d’erreur n’est tolérée. “On parle de huit et cinq secondes sur une course de six heures”, glisse le Team Principal d’Alpine. “C’est dire à quel point le niveau est relevé. Il faut vraiment rendre des copies plus que parfaites pour être éligible au podium ou à la victoire, et c’est ce qui est passionnant. Si tu éternues, tu perds trois places !” 

Philippe Sinault estime que, cette saison, Alpine n’a pas toujours su garder son nez propre. Avant Lone Star Le Mans, le meilleur résultat des Français cette année était une quatrième place, lors de la manche d’ouverture des 6 Heures d’Imola. “On n’a pas fait suffisamment preuve de régularité”, reconnaît Philippe. “On n’a pas tout mis dans l’ordre pendant les courses. On a attendu la mi-championnat pour le faire, c’est un peu tard certainement.”

“On n’a pas de raison de ne pas être ambitieux”

La vitesse de pointe sera l’un des enjeux du week-end sur les contreforts du Mont Fuji. Le point culminant du Japon domine en effet l’emblématique ligne droite de 1,475 km du Fuji Speedway, la deuxième plus longue du championnat après celle des Hunaudières au Mans. Alpine se présente au Pays du Soleil Levant en terrain conquis après la victoire de la n°35, confiée à Milesi, Paul-Loup Chatin et Ferdinand Habsburg, l’an dernier. 

Selon Philippe Sinault, rien ne permet de penser qu’Alpine n’aura pas sa chance d’étoffer le palmarès de l’A424 ce week-end. “Je n’ai pas de fausse modestie à dire qu’on est capable de rééditer à Fuji ce qu’on a réalisé à Austin. On y va pour ça, et on n’a pas de raison de ne pas être ambitieux.”

Sans perdre de vue le contexte ultra-concurrentiel du FIA WEC, le fondateur du Groupe Signature - devenu Signatech - considère que le programme Hypercar d’Alpine a désormais atteint une certaine maturité. “Nous sommes arrivés à un niveau de performance et de régularité qui doit nous permettre de jouer régulièrement aux avant-postes. Au bout de trois ans, nous sommes régulièrement éligibles à la victoire. C’est une vraie satisfaction, car c’est l’objectif qu’on s’était fixé.” 

Mais en FIA WEC, il est souvent plus difficile de se maintenir au sommet que de l’atteindre, et quel meilleur endroit que le Fuji Speedway pour l’illustrer ? “Même si nous avons encore beaucoup de progrès à réaliser, nous n’aurons de cesse d’essayer de rester à ce niveau-là.” 

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