La bannière étoilée brillera-t-elle à nouveau de mille feux sur Le Mans ? Cadillac y vise une performance historique pour rééditer l’exploit de la marque de Dearborn en remportant la plus mythique des courses de 24 heures (10-14 juin), la troisième manche du Championnat du Monde d'Endurance de la FIA (FIA WEC).
Bien que la Cadillac V-Series.R ait affiché un rythme remarquable en qualifications lors des trois dernières éditions de la classique mancelle – en monopolisant notamment la première ligne l'an passé, décrochant la première pole position pour une marque américaine depuis 1967 – l’Hypercar de General Motors a échoué à transformer l’essai en course.
Cadillac Hertz Team JOTA a bien l’intention de remettre les pendules à l’heure après un début de saison des plus frustrants : les V-Series. R ayant manqué de réussite lors des manches précédentes d’Imola et de Spa-Francorchamps. Et quelle meilleure épreuve que les 24 Heures du Mans, où le barème des points est doublé, pour renverser la hiérarchie de la catégorie Hypercar ?
La 94e édition du double tour d’horloge manceau verra Cadillac déployer des moyens à la hauteur de son ambition. Aux deux Hypercars engagées à la saison par Cadillac Hertz Team JOTA – la n°12 de Will Stevens, Norman Nato et Louis Delétraz, remplaçant d’Alex Lynn, ainsi que la n°38 pilotée par Earl Bamber, Jack Aitken et le local de l'étape, le Manceau Sébastien Bourdais – viendra s'ajouter la V-Series R. du Cadillac Wayne Taylor Racing, en provenance de l’IMSA. L’Hypercar n°101 à la livrée bleue sera confiée à un trio de choc composé de Filipe Albuquerque et des frères Ricky et Jordan Taylor.
L’expérience de la victoire sera au rendez-vous, car cinq de ces neuf pilotes ont déjà goûté au succès dans la Sarthe. Earl Bamber a contribué aux 17e et 19e victoires au général de Porsche, en 2015 et 2017, tandis que Bourdais, Stevens, Albuquerque et Jordan Taylor y comptent des victoires en catégories LMP2 ou GT. La combinaison d’un tel savoir-faire derrière le volant avec une nouvelle configuration aérodynamique pensée pour améliorer l'efficacité dans le trafic s'avérera-t-elle payante ?

“J’ai hâte de concourir à nouveau au Mans”, s'enthousiasme Will Stevens. “Nous avons passé un an à retravailler les points identifiés lors de notre belle prestation de la saison dernière (4e et 7e places pour les n°12 et 38). Nous sommes bien préparés et impatients de voir où nous nous situons par rapport à la concurrence. C'est une course incomparable, à laquelle je participerai pour la 11e fois. J'espère que celle-ci sera inoubliable.”
Un sentiment partagé par le Manceau Sébastien Bourdais, qui salue l'effort “colossal” fourni par Cadillac Hertz Team JOTA pour préparer l'événement : “Chapeau à tout le monde, l’équipe a fourni un travail exceptionnel et nous continuons d'apprendre à chaque sortie en piste. Nous sommes tous excités, mais avec une pointe d'appréhension logique : quand autant de personnes s'investissent à ce point, on espère tellement que le travail sera récompensé. J’ai hâte d’y être. »
Cette édition 2026 des 24 Heures du Mans revêt également une saveur historique, puisqu'elle célèbre le 60e anniversaire de la victoire de Ford - la première d’un constructeur américain au Mans - aux dépens de Ferrari après un duel mythique immortalisé sur grand écran. La marque à l’ovale bleu allait enchaîner trois nouveaux succès de suite dans la Sarthe.

Cette rivalité emblématique est d'ailleurs sur le point de renaître, puisque Ford viendra gonfler les rangs de la catégorie Hypercar du FIA WEC dès la saison 2027. En attendant, la firme de Dearborn s'illustre déjà dans la très disputée catégorie LMGT3 avec deux superbes Mustang engagées par Proton Competition. L'une d'elles est pilotée par Logan Sargeant. L’ancien pilote américain de Formule 1 fera d'ailleurs le grand saut vers le programme Hypercar de la marque en 2027.
À l'image des Cadillac, ces “Pony Cars” ont affiché leur potentiel cette saison, menant même la course à Spa-Francorchamps avant d'être freinées par des coups de malchance. Le week-end prochain sera-t-il celui de la concrétisation du rêve américain ?
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