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Alpine : des petites erreurs aux mauvais moments ont décidé du résultat à Spa

À plusieurs reprises au cours du week-end à Spa-Francorchamps au début du mois, l'Alpine Endurance Team semblait pouvoir prétendre à la victoire, mais les circonstances se sont liguées contre les Bleus pour empêcher le constructeur français de terminer aux avant-postes.

Alpine : des petites erreurs aux mauvais moments ont décidé du résultat à Spa
@crédit : DPPI
29/05/2026

Alpine avait bien démarré la saison en avril à Imola, décrochant une quatrième place très honorable avec son prototype A424 n°35, et débarquait rempli d’espoirs dans  les Ardennes belges, avec la ferme intention de réitérer le podium conquis en 2025.

Les deux voitures se sont classées dans le top 5 lors des premiers essais libres sur le circuit vallonné des Ardennes (7,004 km), avant que Jules Gounon ne se hisse en tête du classement au volant de la voiture n°36 lors de la deuxième séance. Après que Charles Milesi eut réitéré cet exploit, le lendemain lors de la première partie des qualifications, Alpine a fait main basse sur la deuxième ligne de la grille  de départ lors de l’Hyperpole, signant au passage les meilleures positions de départ jamais obtenues par l’A424 depuis ses débuts dans la catégorie reine du Championnat du monde d’Endurance de la FIA. Mieux encore : la n°35 ne pointait qu’à 0,078 seconde de la pole position. 

Poussés par une foule record de 101 606 spectateurs enthousiastes à Spa, Ferdinand Habsburg et Frédéric Makowiecki ont conservé ces positions en début de course, l’Autrichien réussissant à dépasser Loïc Duval pour la deuxième place au freinage de la chicane Bus-Stop à la fin du 14e tour, exposant le pilote Peugeot aux assauts de son compatriote Makowiecki qui se rapprochait rapidement.

Habsburg s’est alors immédiatement lancé à la poursuite de Will Stevens, mais bien qu’il se soit rapidement rapproché de la Cadillac, il n’a pas réussi à passer et, peu après le premier quart de la course, l’Alpine n°35 a subi la loi de la Ferrari n° 50 aux mains de Miguel Molina. 

António Félix da Costa a maintenu la voiture en tête en milieu de course, creusant même un écart de près de 20 secondes avant de passer le relais à Milesi, qui concédait cependant du terrain face à Dries Vanthoor (BMW) et Antonio Fuoco (Ferrari) lors d’un redémarrage en 5e heure, après s’être retrouvé gêné par le trafic des LMGT3.

Da Costa a repris le volant pour le dernier relais, mais un tête-à-queue à grande vitesse sur des pneus froids au sommet du Raidillon, à moins d’une demi-heure de l’arrivée, a envoyé le pilote portugais dans les rails, l’obligeant à rentrer aux stands pour des réparations et privant l’équipage de la n°35 d’une place dans le top 5.

« C'était une fin décevante pour un week-end prometteur », a regretté da Costa. « On n’était pas la voiture la plus rapide sur la piste, mais on a fait une bonne course, solide, jusqu’aux 30 dernières minutes. Malheureusement, j’ai commis une erreur et je tiens à m’excuser auprès de toute l’équipe Alpine Endurance, qui travaille sans relâche jour et nuit pour nous fournir une voiture compétitive. La responsabilité m’incombe entièrement, mais on retient les points positifs et on attend avec impatience les 24 Heures du Mans. »

« Je pense qu’on méritait vraiment un meilleur résultat vu notre solide performance », a renchéri Habsburg. « On a fait une excellente première moitié de course, en roulant de manière constante dans le groupe de tête. Tout semblait parfait jusqu’à ce que les choses deviennent plus chaotiques, et on s’est retrouvés pris dans des situations délicates. C’est frustrant, mais il y a quand même beaucoup de points positifs à retenir de ce week-end. » 

Dans l’A424 jumelle, Makowiecki a concédé du terrain lors de la première série de ravitaillements, avant que son équipier Victor Martins ne se lance dans une bataille serrée à l’approche de la mi-course, avec le poleman Théo Pourchaire (Peugeot) et le champion du monde en titre James Calado (Ferrari). 

Gounon a ensuite dû effectuer un relais en gérant la consommation pour éviter un arrêt supplémentaire au stand, mais une interruption de la voiture de sécurité virtuelle a relégué le trio de l'Alpine n°36 à la 11e place sous drapeau à damiers, juste devant la voiture n°35, retardée et finissant à la 12e place. 

L'équipe va maintenant tenter de concrétiser son potentiel évident sur ses terres lors des 24 Heures du Mans du mois prochain (10-14 juin), l'événement phare de la saison, même si l'A424 n'y a encore jamais terminé mieux que neuvième. 

« On était évidemment déçus de nos classements finals en Belgique », a reconnu Nicolas Lapierre, directeur sportif de l’Alpine Endurance Team, « surtout après nos excellentes performances en qualifications. On s’attendait à un meilleur résultat vu notre rythme tout au long du week-end. Plusieurs petites erreurs à des moments clés nous ont coûté cher, nous empêchant de nous battre pour la tête alors que le peloton se resserrait vers la fin de la course. C’était frustrant, mais ça a aussi mis en évidence exactement ce qu’on doit améliorer avant notre objectif principal de la saison : les 24 Heures du Mans. » 

« C’est un résultat décevant à Spa, car nos efforts tout au long du week-end n’ont pas été récompensés », a renchéri le directeur de l’équipe, Philippe Sinault. « On se battait pour un podium, voire mieux. Les deux voitures étaient capables de terminer dans le top 5, ce qui était un objectif réaliste compte tenu de nos performances, mais la voiture de sécurité a considérablement compromis les chances de la n° 35, et on a perdu deux places lorsqu’un retardataire nous a ralentis au redémarrage. Ça nous a rendus vulnérables après avoir géré notre course avec prudence jusqu’alors, avant que l’incident d’António et les dégâts qui en ont résulté ne détruisent définitivement nos chances. La n°36 a connu une course plus difficile. La première période de voiture de sécurité virtuelle, qui a commencé pendant qu’on était aux stands, nous a particulièrement coûté cher. On a perdu des places, et il est devenu extrêmement difficile de regagner du terrain dans un peloton aussi serré. Même si c’est frustrant, il y a beaucoup de points positifs à retenir, notamment notre rythme et notre compétitivité. On doit maintenant se ressaisir pour la course la plus importante de la saison. »

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